Des premiers esclaves africains jusqu’aux fulgurances electriques d’aujourd’hui. Cette fresque est une invitation au voyage dans la grande saga des musiciens afro-américains. Parue en 1994, cette exposition était épuisée depuis 2000. Après une remise à jour elle est à nouveau disponible en achat ou en location. Le livre « L’Odyssée du jazz » aux éditions Liana Levi en est aujourd’hui à sa 6e édition.

Fiche technique

25 panneaux 70 x 100 cm plastification souple  – poids : 6 kg

Texte : Noël Balen
Photos : Philippe Cibille, Horace sauf DR

Tarifs

Location : la semaine 290 € / 15 jours 450 € / 3 semaines 525 € / le mois 600 €
Vente : imprimée sur bâche 510g 890 € / Affiches non plastifiée 190 €
Frais de port : 17 €

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plan de l’exposition

1 – L’Odyssée du Jazz

2 – Les racines

Esclavage, interdiction des instruments de musique entre noirs, Work songs, Hollers, Minstrels, sont autant de composantes des racine d’une véritable culture musicale noire.

3 – Negro-spirituel

Il faudra attendre le Second Awakening (Second Réveil) qui domine la vie religieuse entre 1780 et 1850, pour voir s’amplifier un mouvement mystique qui rassemble d’impressionnantes foules lors des Camp Meetings, entièrement dédiés à la prière. Dès 1750, un grand mouvement religieux nommé ‘The Great Awakening » (le Grand Réveil) s’étend dans toutes les colonies américaines. Profondément religieux, familiarisés avec les manifestations surnaturelles et habités par le sens du divin, les Noirs adaptent plus qu’ils ne l’adoptent la religion chrétienne à leurs conceptions animistes et aux dieux de la terre africaine.

4 – Gospel

Une idée souvent répandue tend à différencier le Negro Spiritual du Gospel par la simple dissociation entre les textes issus de l’Ancien et du Nouveau Testament. S’il est vrai que de nombreux Spirituals font référence aux images bibliques de l’Ancien Testament, certains en revanche mentionnent le nom de Jésus Christ qui n’apparaît que dans le Nouveau Testament. Greffe culturelle d’éléments bibliques sur de vieux Work Songs destinés à lancer des messages subtilement codés, il ne s’agit en aucun cas d’une déformation naïve et maladroite des chorales protestantes. Rapidement, le peuple noir s’identifie aux Hébreux captifs des égyptiens. Lemot Canaan, la terre promise des juifs, est assimilé au Canada.

5 – Blues

Il est généralement convenu de traduire le terme « Blues » par Cafard, spleen ou déprime, équivalence approximative mais suffisante tant s’expriment fortement les dimensions poétique et dramatique d’une musique née du besoin d’un antidote à l’humiliation et aux souffrances du peuple noir américain.

6 – Plusieurs sortes de Blues

Né dans le Delta du Mississipi, le Blues s’est propagé sur le territoire américain en suivant routes, fleuves, et voies de chemin de fer. Saint Louis, Memphis, Chicago, puis New York constituent autant de pôles qui font lentement passer le Blues d’une réalité rurale à une existence urbaine. Parallèlement à une vie religieuse intense naît ainsi une culture profane originale engendrée par l’isolement, l’errance, et l’exclusion des Noirs.

7 – Ragtime, Stride…

Contrairement aux autres formes musicales que sont le Gospel, les Negro Spirituals et le Blues,créés dans les conditions pénibles de l’esclavage, le Ragtime, joué essentiellement au piano, est une musique sophistiquée. Elle est élaborée par une petite partie de la communauté noire souvent citadine, qui a eu accès à une culture de base, qui lit, écrit et connaît la musique. Formé à partir de Ragged (déchiré, en lambeaux) et de Time (temps), le terme Ragtime veut signifier une sorte de déstructuration du temps qui s’explique par l’usage du Stride, jeu de main gauche qui marque les quatre temps de la mesure en alternant une note basse et un accord plus aigu, tandis que la main droite ainsi libérée de la rythmique est parfaitement libre de déplacer les accents et décaler le rythme de la mélodie.

8 – New-Orleans

Dès le XIXe siècle, la Nouvelle Orleans a connu un brassage culturel sans précédent : français, espagnols, italiens,  grecs, hollandais, anglais, irlandais, slaves, allemands, acadiens, esclaves noirs et créoles s’y entassent les différentes populations ont un point de convergence, Storyville, qui regroupe dancings, bordels et cabarets susceptibles d’accueillir un piano et un orchestre. Les musiciens noirs et créoles forment des orchestres qui en dehors des nuits de Storyville jouent lors des nombreux défilés qui animent la ville, pour les processions d’enterrement ou sur les bateaux à vapeur qui remontent le Mississipi.

9 – Welcome in Chicago

Si l’année 1917 marque la fin d’une époque (fermeture de Storyville ; entrée en guerre des Etats-Unis) et la migration de la musique et des musiciens New Orleans vers les métropoles du nord, elle marque une étape décisive : le 26 février 1917, l’Original Dixieland Jass Band enregistre à New York ce qu’il est convenu de considérer comme le premier enregistrement de jazz. Si cet orchestre blanc propose une mouture plutôt aseptisée et rigide de la musique Orléanaise, leurs disques permettront cependant une large diffusion du genre jusqu’en Europe. Expatriés dans le Nord, les musiciens s’installent principalement à Chicago en raison de l’attraction que représentent les studios d’enregistrement. C’est alors tout l’esprit de la Nouvelle Orléans qui va s’infiltrer dans la vie artistique des métropoles industrielles.

10 – Swing

La conjugaison de la crise de 29 et de la prohibition génère une situation favorable aux lieux de spectacles ou les musiciens trouvent de nombreuses occasions de faire découvrir le nouveau style. Baptisé également Mainstream (courant principal), le swing voit son apogée entre 1935 et 1945.

11 – L’âge d’or des Big-Bands

Si la manifestation la plus évidente de l’ère Swing reste le fracas ondulant et rutilant des grands orchestres, ces derniers favorisent l’apparition d’une multitude de solistes. Musiciens d’exception qui ont abandonné l’ombre des pupitres pour bâtir des carrières autonomes et imposer un style personnel, ils enrichissent le style et apportent parfois la renommée aux Big Bands qui les recrutent.

12 – Swing

Succédant aux orchestres Orléanais, les musiciens, disséminés dans les grandes villes du nord créent à la fin des années 10 de grands orchestres qui donneront naissance au style Swing durant la seconde moitié des années 20.

13 – Les grands solistes

Qu’il s’agisse du pianiste aveugle Art Tatum, à la virtuosité saisissante qui fera dire à Jean Cocteau : « C’est un Chopin fou », de Earl Hines, surnommé « Fatha » (de father, père) en raison de son rôle fondamental dans l’histoire du piano jazz ou encore de Charlie Christian, guitariste prodige de l’orchestre de Benny Goodman, qui introduit la guitare électrique dans l’orchestre, les grands solistes abondent durant les années 30 et 40.

14 – Be bop

La révolution du bop est avant tout l’oeuvre d’instrumentistes cultivés qui se servent autant de la réflexion que de l’intuition. Ainsi reconstruits, rénovés et rafraîchis, les morceaux du répertoire traditionnel deviennent vite méconnaissables. L’enchaînement rapide, fluide et complexe des accords entraîne les improvisateurs à jouer des traits d’une rapidité fulgurante, en doublant ou triplant la cadence. Si les anciens s’accommodent plus ou moins de ce nouvel état des lieux et vivent cette révolution avec une attitude suffisamment distanciée, les journalistes, quant à eux, rentreront de plain-pied dans une bataille d’articles assassins. Contre vents et marées, le be-bop finira par balayer les a priori et gagnera un public plus large, grâce au soutien infaillible d’intellectuels avisés, d’initiés inconditionnels et de mécènes éclairés.

15 – Le grand chambardement

A l’aube des années 40, les jeunes musiciens se rebellent contre l’aspect désormais un peu figé du répertoire swing et le caractère routinier des big bands dont ils savent bien qu’ils ne pourront égaler la perfection formelle, ni dépasser les tournures d’orchestration des meilleurs arrangeurs tels qu’Ellington ou Basie.
Si les nouveaux venus reconnaissent le génie de leurs aînés, ils leur reprochent néanmoins de s’être laissé aller à un certain embourgeoisement et à la flatterie commerciale, d’avoir accepté que les orchestres blancs accaparent, absorbent, affadissent et finalement paralysent l’art le plus créateur du peuple noir. Les jeunes revendiquent volontiers la filiation avec leurs héros Lester Young, Coleman Hawkins ou Roy Eldridge, mais ils refusent la frustration inhérente au cadre rigide des grands orchestres.

16 – Cool

Durant les années 50, nous entrons dans une époque de confusion stylistique qui donne lieu à un étiquetage aussi improbable qu’arbitraire. Après les incandescences et les impétuosités du be-bop, les musiciens de jazz vont s’orienter vers un art à la fois plus introspectif et détaché, savamment désabusé pour mieux masquer une profonde quête existentielle. Malgré certaines apparences de flottement, il ne s’agira nullement de réfrigérer le jazz ou d’en tiédir les effets, mais plutôt de garder son sang froid après avoir subi le violent contrecoup du bop.

17 – Néobop, M’Base

Il faudrait davantage de recul pour dresser un constat clair-voyant du jazz actuel. Cependant, malgré ce manque de distance, on peut déjà extraire de la masse phonographique des instrumentistes dont la présence, la vitalité et l’inventivité sont indéniables.
Il apparaît aujourd’hui deux mouvances qui se détachent nettement dans un panorama jazzistique aux visages multiples, difficile à décrypter : néo-bop défendu par le trompettiste Wynton Marsalis, M’Base, mouvement collectif mené par le saxophoniste Steve Coleman.

18 – Hard Bop

En réaction contre les évanescences mélodiques, la décontraction rythmique et l’expression alanguie du jazz cool, la communauté musicale noire de la côte Est va connaître un nouveau sursaut au milieu des années 50. La plupart des jazzmen new-yorkais sont les tenants d’un jazz incisif et nerveux. Ils considèrent que le discours cool a dévitalisé et affadi l’énergie du jazz. Ils iront donc puiser aux sources mêmes de l’art afro-américain, la simplicité écorchée du blues et la ferveur du gospel, pour redynamiser les acquis du bop dont le grand public s’est peu à peu détourné. Le hard-bop entraînera l’émergence d’une multitude de solistes tels que les bouillants messengers d’Art Blakey et Horace Silver. Apparait également un courant funky, indissociable du hard-bop, qui préconise un retour au jeu dirty, à la notion de soul et à des rythmiques plus hypnotiques, scandées avec insistance. Le grand propagateur de ce jazz funky est le pianiste Horace Silver.

19 – Les inclassables

A la croisée des chemins, partagés entre swing, bop, cool et hard-bop, certains musiciens ont emprunté des voies sinueuses, traversant des paysages jusque-là inexplorés, inventant leur propre topographie, explorant, défrichant et déchiffrant de nouveaux langages, sans jamais renier l’influence de leurs maîtres ni oublier d’où ils sont issus. Parmi ces hors-la-loi du jazz, voici quatre hommes qui se sont mis en danger, à contre-courant des mouvances confortables de leur époque. Il furent certes suivis, épaulés et compris par des compagnons de route dévoués à leur art, mais sans que personne ait été capable de vraiment leur succéder. Au-delà des genres…

20 – Free-jazz

Pendant plus d’un siècle, le peuple Noir a frappé à la porte de la société pour demander une intégration dans la société blanche, ou du moins une insertion équitable, historiquement justifiée par leur importante contribution à la construction des États-Unis. Pour tous ceux qui veulent crever l’abcès de la question raciale, le discours se radicalise, lié souvent à une vision tiers-mondiste favorisée par l’accession à l’indépendance de pays africains. Désormais, il n’est plus possible d’attendre le bon vouloir et la condescendance de la société blanche, il est temps d’avoir enfin les coudées franches et le champ libre.

21 – Autour de free

A l’orée des territoires explorés par les agitateurs du free jazz, il se trouve des musiciens fortement attirés par les turbulences libertaires ou qui en ont perverti et transcendé les effets. Qu’ils soient directement issus du mouvement pour s’en détacher progressivement ou qu’ils aient pris à leur compte les idéologies socio-musicales des années 60, ces musiciens sont avant tout les dépositaires du changement des mentalités opéré à partir de la fracture coltranienne et de la rupture colemanienne.

Il faudrait davantage de recul pour dresser un constat clair-voyant du jazz actuel. Cependant, malgré ce manque de distance, on peut déjà extraire de la masse phonographique des instru-mentistes dont la présence, la vitalité et l’inventivité sont indéniables.
Il apparaît aujourd’hui deux mouvances qui se détachent nettement dans un panorama jazzistique aux visages multiples, difficile à décrypter : néo-bop défendu par le trompettiste Wynton Marsalis, M’Base, mouvement collectif mené par le saxophoniste Steve Coleman.

22 – Fusion

Engagé dans le mouvement des années 70, le milieu musical oscille entre des vagues d’euphorie et des moments de pessimisme, entre la crise économique et le brassage multi-ethnique, entre le simplisme du rock blanc et la sophistication du jazz, l’invasion des médias audiovisuels et le star system, la standardisation des produits et l’invasion des techniques de marketing. De cette confusion surgira le jazz fusion, originelle-ment appelé jazz rock, renvoyant à cette idée de mélange ou de croisement des différents avatars de la musique noire américaine.

23 – Les enfants de Miles

Binaire et électrique, le jazz fusion est, plus qu’un style résolument typé et unifié, une affaire d’individus, d’humeurs et de personnalités, de conscience culturelle et de curiosité, de doutes et de convictions. L’apparition d’instruments comme la basse électrique ou le développement rapide de la lutherie électronique, de l’électrification des cuivres, l’usage des pédales d’effet, des sons de synthèse, des boîtes à rythmes, des ordinateurs, des échantillonneurs, des séquenceurs et les innombrables perspectives offertes par les studios multipistes génnérent une mutation du jazz qui jusque là se portait garant des institutions acoustiques.

24 – Jazz universel

Dans le grand concert international, on constate une nette augmentation des échanges et des rencontres. Lors des festivals d’été, les affiches présentent une multitude d’artistes américains qui donnent souvent le ton des mutations en cours ainsi que de nombreux musiciens étrangers à la communauté américaine qui ont trouvé un langage personnel et riche. Qu’ils viennent d »Europe occidentale ou des pays de l’Est, du Brésil ou des Antilles, de Scandinavie, de Turquie ou du Japon, les jazzmen sont aujourd’hui les ambassadeurs d’un idiome universel et vivace. Comme dit le pianiste Gonzalo Rubalcaba &laqno ; la musique, au moins, n’a pas besoin de visa.»

25 – Rythm’n blues

Le rhythm’n’blues né dans l’immédiat après-guerre a sa propre histoire. Il est à lui seul une odyssée et nous ne pourrons effleurer que quelques uns de ses héros et de ses courants les plus marquants. Sexe et religion, paillettes et souffrances, gloires éternelles et rêves fugaces, ghettos et palaces, parfums de sueur et mélodies sucrées, chemises à jabots ou blue-jeans rapiécés, désirs d’intégration et cris de rébellion, force, séduction vitalité, émotion, le rhythm’n’blue est une musique terriblement contagieuse.